CHAPITRE XIV
Au cours de la semaine qui suit, Kalika achève sa maturité, et elle est à présent âgée d’une vingtaine d’années, l’âge que j’avais quand j’ai été changée en vampire. Il semblerait qu’elle ait cessé de grandir, ce qui ne me surprend pas : un être humain n’est jamais aussi fort, mentalement et physiquement, qu’à la sortie de l’adolescence. Aucun doute, Kalika est très puissante, mais je n’arrive pas à évaluer sa force. À part l’incident avec Billy, elle n’étale pas ses capacités devant moi, mais une chose est sûre, pourtant – elle n’a plus besoin que je lui apporte ses repas. Dorénavant, elle quitte la maison pendant de longues heures – elle part à pied, et la nuit. Quand elle revient chez nous, je me garde bien de lui demander où elle est allée, ou avec qui elle était. Je ne veux pas le savoir.
Évidemment, en disant ça, je mens. En fait, tous les matins, je scrute les journaux à la recherche des faits divers évoquant des meurtres que la police n’a pas élucidés. Et comme je n’en trouve aucun, je suis extrêmement intriguée.
Les flics n’ont pas encore retrouvé Billy – du moins, ce qu’il en reste – mais ce n’est qu’une question de jours. Tout ce que j’espère, c’est qu’en même temps, la police découvrira également les cadavres de ses victimes.
J’ai encore la main et l’épaule bandées, mais il faut préciser que je ne me suis pas offert le luxe d’un médecin ou d’un séjour à l’hôpital. Toutefois, j’ai réussi à recoudre mes blessures, et plutôt bien, bien que je sache que je garderai les cicatrices toute ma vie.
Le changement dans les habitudes alimentaires de ma fille signifie également que je n’ai plus besoin d’enfermer Eric dans la chambre d’amis. Hélas, je n’arrive pas à imaginer le moyen de le laisser filer sans qu’il n’en profite pour se précipiter chez les flics. Changer de ville, ou même déménager dans un autre état, ce n’est pas non plus la solution. Enfin, ce serait peut-être une bonne idée, mais je n’ai pas envie de partir d’ici, du moins pas avant que Paula n’ait accouché. Kalika et Ray ne veulent pas bouger non plus, et ils me l’ont clairement signifié, à plusieurs reprises.
Je garde donc Eric enfermé dans sa chambre, mais j’ai arrêté de prendre son sang. J’espérais que cela lui remonterait le moral, et qu’il reprendrait des forces, mais Eric semble avoir sombré dans une sévère dépression nerveuse, et il refuse de s’alimenter.
— Eric, je t’en prie, mange quelque chose, dis-je, lui offrant un burger et des frites. C’est un Big Mac que j’ai acheté chez McDonald’s, et je t’ai pris une grande portion de ces délicieuses frites dorées à point. Regarde, j’ai même pensé à te rapporter un milk-shake à la vanille ! Il garde la tête obstinément baissée, mais j’essaie quand même de lui caresser gentiment les cheveux. Depuis notre rencontre, il a perdu une quinzaine de kilos, et son teint jaunâtre n’indique rien de bon. Les énormes cernes mauves qu’il a sous les yeux sont dus à sa dépression, et aussi aux coups qu’il a reçus chaque fois que je l’ai fait taire. Son nez n’est toujours pas réparé, et parce qu’il est étroitement ligoté, sa respiration est approximative.
— Eric, il faut que tu manges un peu, lui dis-je le plus gentiment possible. Tu es en train de dépérir.
— Mais alors, pourquoi ne me libérez-vous pas comme vous me l’avez promis ? me demande-t-il d’une voix calme. Je suis malade – et vous le savez.
— Je vais te relâcher, Eric, tu peux me croire, mais il faut d’abord que je mette au point un plan d’action. Tu peux comprendre que je n’ai absolument pas envie que tu ailles tout raconter à la police. Avant de te libérer, il faut d’abord que je quitte cette ville.
— Je ne dirai rien à la police. Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi.
— Je sais, et je t’assure que ta détention ne sera plus très longue.
Je lui tends le Big Mac.
— Fais-moi plaisir, manges-en au moins la moitié, et partageons les frites. On n’a qu’à faire comme lors de notre première rencontre dans le parc, quand tu m’avais emmenée dans ce petit café, tu t’en souviens ?
Apparemment, j’aurais mieux fait de ne pas évoquer le sujet. Eric se met à sangloter.
— J’ai cru que vous étiez une fille sympa, et tout ce que je voulais, c’était discuter un peu avec vous. J’ignorais que vous alliez me faire du mal et me vider de tout mon sang.
— Mais j’ai arrêté les prélèvements sanguins ! La situation est en train de s’améliorer, et tu ne vas pas tarder à revoir tes parents. Et ils vont être si heureux de retrouver leur fils ! Pense à ça, Eric, et essaie d’être positif. Imagine le genre d’accueil que tu vas avoir ! Toutes les télés de la région vont se jeter sur toi pour t’interviewer, et tu pourras même en rajouter, histoire de rendre ton histoire encore plus incroyable ! Tu n’auras qu’à raconter qu’une horde de vampires t’a torturé nuit et jour, et qu’elle s’est servie de ton sang pour accomplir des rituels sataniques. Les médias vont adorer — le satanisme, c’est un truc qui les branche vraiment. Tu vas devenir une vedette, un héros, et toutes les filles vont vouloir sortir avec toi. Rien de plus sexy qu’un héros, surtout s’il est jeune et beau comme toi. Crois-moi, tu n’auras plus besoin d’aller draguer dans le parc…
Mais Eric n’écoute pas, et c’est en vain que je tente de l’exhorter à prendre les choses du bon côté. Les yeux injectés de sang, il me regarde fixement.
— Même si vous aviez réellement l’intention de me laisser partir, elle ne serait pas d’accord.
Interloquée, je réfléchis quelques secondes.
— Elle ? Qui ça, elle ?
— Celle à qui vous donnez mon sang.
— Je ne vois vraiment pas de qui tu parles.
— Je l’ai vue. Elle se sert de vous, et vous ne vous en rendez même pas compte, mais je sais que cette fille n’est pas un être humain comme les autres. J’ai vu ses yeux, et dans ses yeux, le reflet du feu qui la dévore à l’intérieur. Elle boit le sang des humains, et c’est l’incarnation du diable.
Il hoche la tête, comme un homme convaincu que sa vision est inspirée par Dieu, et qui n’en démordra jamais.
— Quand elle en aura fini avec moi, ce sera votre tour, et elle vous bouffera la cervelle.
Eh bien, j’avoue que je ne sais pas quoi répondre à ça.
Déposant le Big Mac à portée des mains d’Eric, je quitte la pièce.
Ray est tranquillement installé dans le salon, et Kalika, elle, médite au soleil dans le jardin. Les yeux fermés, assise dans la position du lotus sur une grande serviette blanche, elle porte un maillot de bain noir, et se tient parfaitement immobile – on dirait même qu’elle ne respire plus. Depuis quelques jours, la méditation est devenue pour elle une nouvelle habitude, mais j’ai peur de lui demander quelles sont ses véritables motivations. Elle axe peut-être sa méditation sur son propre prénom et ses significations secrètes. Les sens cachés du nom Kalika ont la réputation d’être des mantras extrêmement puissants.
Ray lève les yeux vers moi.
— Il s’est décidé à manger ?
— Non.
— Qu’allons-nous faire de ce garçon ?
Prenant place sur le divan, face à Ray, je lui réponds :
— Aucune idée. Laissons-le partir.
— Impossible. Pas maintenant, en tout cas.
— Eh bien, nous le relâcherons plus tard.
Ray secoue la tête.
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Si nous le relâchons, il faudra alors que nous dissimulions toutes les traces de notre séjour ici. Ce gars va donner à la police toutes les informations dont les flics ont besoin pour nous coincer. Avant de le renvoyer chez lui, pense un peu à tout ça. D’ailleurs, tu as dit toi-même que le gouvernement était peut-être encore à ta recherche. À ton avis, à quoi vont penser les autorités quand elles entendront l’histoire de ce jeune homme, retenu prisonnier par une belle jeune femme blonde qui lui faisait des prises de sang à intervalles réguliers ? Ils n’auront plus qu’à faire le rapprochement entre cette affaire et toi, et à lancer une chasse au vampire comme on n’en a encore jamais vu dans ce pays. Et n’oublie pas que le gouvernement est toujours à la recherche d’échantillons de sang de vampire.
Sur un ton monocorde, je réplique aussitôt :
— Mais tu veux que je pense à quoi, exactement ?
Ray hésite un instant.
— Débarrasse-toi du problème.
— Tu me conseilles de liquider Eric et de l’enterrer au fond du jardin ?
— Non, je pense qu’il faut l’enterrer ailleurs que dans notre jardin. Mais en effet, je ne vois pas comment nous pourrions le relâcher sans risquer de nous faire arrêter par la police.
Tout en le dévisageant, je lui souris – un sourire tout ce qu’il y a de commercial.
— Tu sais, Ray, je viens de penser à quelque chose.
— Quoi ?
— Je ne sais pas qui tu es. Oh, bien sûr, tu ressembles à Ray trait pour trait, tu t’exprimes comme lui, et tu te souviens des mêmes choses que lui. Mais, franchement, je ne sais pas qui tu es.
— Sita, je t’en prie, fais preuve d’un peu de sérieux, pour une fois. Il faut que tu regardes la réalité en face.
— C’est précisément ce que je suis en train de faire. Le Ray que j’ai rencontré et aimé ne songerait jamais, à tuer un innocent, quelles que soient les conséquences que ça implique pour lui. Une telle idée ne lui traverserait même pas l’esprit. Et ce n’est pas tout : j’ai bien observé notre fille au cours de ces quelques derniers jours, et je peux t’assurer qu’elle ne te ressemble pas du tout. Elle et toi n’avez strictement rien en commun. Comment expliques-tu ce mystère ?
Ray se racle la gorge.
— C’est plutôt à toi de répondre à cette question, C’est toi qui as porté cette enfant.
— J’aimerais beaucoup connaître la réponse, parce que je pressens qu’elle expliquerait en même temps pas mal d’autres choses.
— Lesquelles, par exemple ?
Mon sourire disparaît.
— Je ne sais pas si je peux me confier à toi. Ray, je n’ai aucune confiance en toi, et il est hors de question pour moi de tuer ce pauvre Eric. Avant d’en arriver là, nous aurons déjà quitté cette maison. Et si ce qu’il dit à la police a pour résultat de lancer le gouvernement à mes trousses, je m’en fiche éperdument.
— Tu ne partiras pas avant que le bébé de Paula ne soit né, je le sais.
— Le bébé de Paula n’est pas le sujet de la conversation que nous sommes en train d’avoir, toi et moi. Et je remarque que tu n’as toujours pas répondu à mes accusations. Tu n’essaies même pas de te défendre.
— Tes accusations sont tellement ridicules ! Que veux-tu que je te réponde ? Jetant un coup d’œil en direction du couloir, il ajoute froidement :
— Il faut éliminer Eric, et le plus tôt sera le mieux.
— Tu en as parlé à Kalika ?
— Oui.
— Et elle est d’accord avec toi ?
La réponse de Ray est très évasive.
— Disons qu’elle n’a pas d’opinion particulière sur le sujet.
— Kalika n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire.
D’un air de défi, je pointe le doigt sur Ray.
— Mais mettons les choses au point : si tu touches à un seul cheveu d’Eric, je te jure que tu le regretteras.
L’idée semble amuser Ray.
— Tu n’as plus tes pouvoirs de vampire, tu t’en souviens ? Et tes menaces ne me font vraiment pas peur, ma chère.
Par malchance, je n’ai pas le temps de lui répondre : c’est l’instant précis que choisit une voiture de police pour se garer dans l’allée menant au garage. Les deux policiers sont pratiquement à la porte quand je me souviens soudain qu’Eric n’est pas bâillonné. Depuis quelques jours, en effet, Eric peut parler librement, à condition de ne pas se mettre à hurler : il sait ce qu’il lui en coûterait s’il ne respectait pas la consigne.
Mais s’il comprend que des policiers sont dans la maison, quelle sera sa réaction ?
Ray se précipite dans la pièce du fond, qui jouxte la chambre d’Eric, et je vais ouvrir la porte. Devant moi, deux flics, un brun et un blond. Le brun, plutôt joli garçon, tient à la main une photo, et je reconnais aussitôt le visage d’Eric. Merveilleux.
— Bonjour, me dit-il. Je suis l’inspecteur Williams, et voici mon coéquipier, l’inspecteur Kent. Nous enquêtons dans le quartier pour rassembler des informations concernant ce jeune homme, Eric Hawkins, qui a disparu depuis trois semaines.
Il marque une pause, puis il lance :
— Pouvons-nous entrer ?
— Bien sûr, inspecteur.
Les deux hommes franchissent le seuil de la maison, et je leur demande :
— Ce jeune homme habite le quartier ? Oh, excusez-moi, asseyez-vous, je vous en prie.
Les inspecteurs Kent et Williams s’installent sur le divan. De toute évidence, c’est Williams qui est chargé de mener la conversation. Le chef, c’est lui – ses yeux fouillent le salon dans ses moindres recoins, à la recherche d’un éventuel indice. L’athlétique inspecteur Kent, lui, ressemble plutôt à un sportif particulièrement content de sa musculature. Je m’assois en face d’eux.
— Eric Hawkins n’habite pas très loin de chez vous, m’annonce Williams, et nous avons reçu le témoignage de l’une de vos voisines, qui a vu un jeune homme correspondant à la description du disparu entrer chez vous. Cette même voisine affirme également que, le jour de sa disparition, elle a vu la voiture d’Eric Hawkins garée devant votre maison.
— Vous n’êtes donc pas seulement en train de rassembler des informations concernant cette personne : vous êtes venus ici dans le but de me soumettre à un interrogatoire, c’est bien ça ?
Montrant la photo d’Eric, j’ajoute :
— Je n’ai jamais vu ce jeune homme.
D’un air grave, Williams enchaîne :
— Nous disposons aussi de deux autres témoignages, fournis par des amis d’Eric Hawkins, qui ont joué au basket avec lui le jour où il a disparu. Ils prétendent qu’il est parti en compagnie d’une jeune femme dont le signalement correspond au vôtre.
Aussitôt, je lève la main.
— Une seconde ! De quel signalement parlez-vous ? Je ne sais même pas où se trouve le parc que vous avez mentionné. Pouvez-vous me dire exactement ce qu’ont dit ces soi-disant témoins ?
Dépliant une feuille de papier, Williams consulte ses notes.
— D’après eux, Eric Hawkins est parti avec une très jolie jeune femme, d’une vingtaine d’années environ, avec de longs cheveux blonds, comme vous.
Il m’en faut plus pour m’impressionner.
— Il y a des dizaines de milliers de jolies blondes correspondant à cette description dans le sud de la Californie.
— Vous avez tout à fait raison, madame, dit Williams. Nous procédons à des vérifications de routine, afin d’exploiter toutes les pistes possibles.
Il s’arrête quelques secondes, puis il recommence à m’interroger.
— Une Honda Civic bleue garée dans l’allée qui mène à votre garage, il y a trois semaines, ça vous dit quelque chose ?
— Je ne m’en souviens pas. Vous savez, nous recevons beaucoup de visites, et nos amis ont toutes sortes de voitures.
— L’un de vos amis ressemble-t-il à Eric Hawkins ? poursuit Williams. Serait-il possible que votre voisine ait été abusée par une quelconque ressemblance avec le disparu ?
Je hausse les épaules.
— Effectivement, vus de loin, deux ou trois de mes amis pourraient correspondre à la description de ce garçon.
Williams jette un coup d’œil en direction du jardin. Kalika n’est plus là.
— Voyez-vous un quelconque inconvénient à ce que nous visitions la maison ?
— Vous avez un mandat de perquisition ?
Aussitôt, Williams me lance un regard soupçonneux.
— Non. Nous avions simplement l’intention de vous poser quelques questions.
— Dans ce cas, je trouve votre requête tout à fait déplacée. Écoutez, je vis dans cette maison avec mon fiancé, et une amie. Nous n’avons kidnappé personne, et je n’apprécie pas du tout vos soupçons.
Pour la première fois, Kent prend la parole.
— Pourquoi ne pas nous laisser jeter un coup d’œil ?
— J’ai le droit de refuser.
— Qu’est-il arrivé à votre main ? me demande-t-il alors, pointant le doigt sur le pansement que j’ai à la main, souvenir de la lame du cran d’arrêt de Billy.
— Je me suis coupée en cassant un verre.
— Bonjour ! lance la voix douce de Kalika, qui apparaît en maillot de bain dans le couloir, une serviette autour de la taille.
— Il y a un problème ?
Je m’empresse de répondre :
— Non, aucun problème, d’ailleurs, ces messieurs sont sur le point de partir.
Williams se lève, et tend à Kalika la photo d’Eric d’Hawkins.
— Vous avez déjà vu ce jeune homme ?
Kalika étudie la photographie, puis elle me coule un regard malicieux.
— Oui.
C’est bien d’elle, ça. Encore un peu, et elle va leur parler de Billy.
— Où l’avez-vous vu ? lui demande aussitôt Williams.
Kalika réfléchit.
— Je peux vous y emmener, ce n’est pas très loin d’ici. Vous voulez que je vous montre l’endroit exact ?
Je toussote.
— Je ne crois pas que ce soit nécessaire, Kalika.
— Ça ne me dérange pas, réplique-t-elle. Pas du tout.
Je baisse la tête. Inutile de me disputer avec elle en présence de ces deux flics.
— Reviens vite ! dis-je à Kalika, tandis qu’elle sort de la maison, précédée par les deux policiers. Elle n’a même pas pris la peine de se changer, mais les deux hommes n’ont pas l’air mécontent… Kalika est si belle qu’ils ont les yeux rivés sur elle, et je prie pour qu’ils continuent, et qu’ils n’aient pas de famille susceptible de regretter leur disparition. C’est pour les deux policiers que je me fais du souci, à présent.
Dix minutes après que Kalika est partie, Paula téléphone.
Les contractions ont commencé.
— Ne t’inquiète pas, j’arrive ! lui dis-je avant de raccrocher, et de me précipiter vers la porte.
Ray m’arrête.
— Appelle-nous quand le bébé sera né.
Je ne lui ai pourtant pas dit que Paula venait d’appeler, mais j’imagine qu’il l’a lu sur mon visage.
— J’essaierai d’y penser.
Et tandis que je descends les quelques marches du porche, il me crie :
— Souviens-toi que tu as promis à Kalika de l’emmener voir le bébé. N’oublie pas ta promesse.
Je l’ignore. Du moins, c’est ce que je voudrais.